La publicité influence nos choix alimentaires, notamment ceux des enfants et des adolescents. L’OSAV s’engage pour une réduction de la publicité pour des aliments trop sucrés, trop gras, trop salés ou trop riches en énergie à l’intention des enfants.
Sous la loupe

Discussion pour restreindre volontairement la publicité pour les aliments destinée aux enfants
17.12.2025 : L’OSAV a mené des discussions avec des représentants des secteurs de l’alimentation et de la publicité. L’objectif : obtenir un éventuel engagement volontaire de ces secteurs à restreindre la publicité destinée aux enfants pour les aliments trop gras, trop sucrés et trop salés. L’OSAV a défini les exigences auxquelles une autorégulation doit répondre pour être efficace :
L’autorégulation doit être mise en place dans l’ensemble du secteur. Elle doit couvrir tous les canaux publicitaires qui permettent d’atteindre un grand nombre d’enfants de manière ciblée, que ce soit en ligne ou hors ligne. Il s’agit par exemple de la télévision, d’internet, des médias sociaux, des jeux en ligne ou des affiches placées à proximité des écoles et des terrains de jeu. La restriction de la publicité doit s’appuyer sur les connaissances scientifiques issues du profil nutritionnel de l’Organisation mondiale de la santé (OMS/Europe). Enfin, la Confédération doit pouvoir contrôler l’autorégulation et des sanctions doivent être prévues en cas de non-respect.
Les secteurs de l’alimentation et de la publicité peuvent désormais examiner les exigences définies. La démarche n’a pas pour objectif d’interdire la publicité pour les aliments : il s’agit d’adopter une approche responsable pour la publicité destinée aux enfants qui fait la promotion d’aliments malsains.
Pourquoi restreindre la publicité ?
La publicité pour les sucreries, les snacks et les boissons sucrées influence le comportement alimentaire des enfants et encourage la consommation de produits riches en calories. Or près d’un enfant sur cinq souffre de surpoids ou d’obésité en Suisse, ce qui augmente considérablement le risque de développer des maladies telles que le diabète de type 2 (diabète sucré) ou les maladies cardiovasculaires.

Les habitudes prises pendant l’enfance influencent durablement le comportement alimentaire ultérieur, raison pour laquelle les enfants et adolescents devraient s’habituer à manger sainement. La publicité à l’adresse des enfants pour les aliments riches en sucre, en sel ou en matières grasses influence leur mode de consommation et a des conséquences négatives sur leurs habitudes alimentaires. Comme les enfants sont très réceptifs à la publicité, ils ont besoin d’une protection particulière.
Des efforts sont donc déployés dans le monde entier pour restreindre cette publicité ciblant les enfants. Dans le cadre de l’initiative volontaire Swiss Pledge, des producteurs de denrées alimentaires et de boissons ainsi que des services de restauration suisses se sont engagés en 2010 à modifier leur publicité à l’adresse des enfants de moins de douze ans. Les entreprises qui ont formulé des promesses d’action volontaires ont été partenaires d’actionsanté entre 2011 et 2014.
Ce sont toujours les entreprises qui ont fixé les critères pour vanter les produits destinés aux enfants et qui ont assuré le suivi des mesures. L’OSAV envisage de ne reconduire ce type d’action que si les critères sont définis de manière plus stricte et donc si l’efficacité des mesures peut être accrue.
Critères d’évaluation de la publicité alimentaire destinée aux enfants
Pour déterminer les denrées alimentaires qui ne doivent pas faire l’objet de publicité à l’adresse des enfants, de nombreux pays ont défini des critères nutritionnels. Des études ont montré que les critères définis par les gouvernements étaient nettement plus restrictifs que ceux arrêtés par l’industrie. C’est pour cette raison que le bureau régional pour l’Europe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié début 2015 un modèle de profil nutritionnel applicable dans tous les pays. Ces critères ont reçu le soutien du réseau européen pour la réduction de la pression publicitaire sur les enfants European Network on Reducing Marketing Pressure on Children, auquel sont affiliés 28 pays européens, dont la Suisse.
Étude sur les critères d’évaluation de la publicité alimentaire destinée aux enfants
En se basant sur son expérience avec les partenaires de Swiss Pledge et leurs promesses d’action, l’OSAV a commandé une étude visant à comparer les critères nutritionnels de l’OMS Europe et ceux de Swiss Pledge. L’étude arrive à la conclusion que le modèle de l’OMS Europe devrait servir de base pour définir la liste des denrées alimentaires dont la publicité auprès des enfants est autorisée. Elle livre également des recommandations sur le suivi et sur les canaux d’information à prendre en compte.
Enfants et marketing
L’OSAV a mandaté à la Haute école de Gestion Arc Neuchâtel un monitoring du marketing numérique pour les aliments HFSS (high in fat, sugar and salt) destiné aux enfants avec la méthode CLICK développée par l’OMS/Europe. Les résultats de ce monitorage montrent que les enfants de 4 à 9 ans sont davantage exposés aux publicités alimentaires que les autres catégories d’âge. Parmi les publicités alimentaires/boissons identifiées, 78% se révèlent être non autorisées selon le modèle de profil nutritionnel de l’OMS Europe (2015) et seules 22% sont permises. La catégorie la plus retrouvée parmi les publicités alimentation/boissons (24%) fait la promotion des chocolats et sucreries. Le rapport complet est publié sous « Informations complémentaires ».
Informations complémentaires
Dernière modification 17.12.2025