Maladie de la langue bleue (fièvre catarrhale ovine FCO / Bluetongue BT)

La maladie de la langue bleue est une pathologie virale non contagieuse touchant les ruminants et les camélidés ; elle se transmet par des insectes piqueurs (vecteurs). Elle n’est pas dangereuse pour l’homme.

Actuel

rouge

 

BTV-8 : autres cas en Suisse ;
BTV-4 : des cas en Italie, Espagne et à Chypre ;
un cas de BTV-3 en Italie ;
un cas de BTV-16 en Grèce.

 

Situation en Suisse

La période d’inactivité des vecteurs dure du 1er décembre 2018 au 31 mars 2019. Les investigations ont montré que seuls quelques moustiques, voire aucun, volent durant ces quelques mois. De nouvelles infections pendant cette période sont donc improbables. Toutes les mesures de police des épizooties mises en place dans les exploitations touchées par le virus ont été levées le 1er décembre 2018.

Depuis septembre 2018, le virus de la maladie de la langue bleue BTV-8 a été mis en évidence dans plusieurs exploitations en Suisse, principalement chez des bovins, mais aussi chez des moutons. La plupart des animaux testés positifs ne présentaient que des signes légers de la maladie. Le virus a été détecté également dans le cadre du programme d’analyses – un programme de surveillance active de la santé des animaux qui s’est déroulé, cette année, durant les mois d’octobre et de novembre. Fin novembre, 2741 analyses de dépistage du BTV sur les 2900 prévues avaient été effectuées ; 65 bovins issus de 43 exploitations étaient positifs.

La maladie n’est pas dangereuse pour l’homme. La viande et les produits laitiers peuvent être consommés sans crainte. 

(03.12.2018)

Il existe au moins 26 sérotypes du virus de la maladie de la langue bleue (virus bluetongue BTV), chacun ayant une virulence et une propagation propres. En Suisse, le principal sérotype actif était le BTV-8. Tous les ruminants sont sensibles à la maladie, mais une forme clinique de la maladie n’est le plus souvent observée que chez les moutons et les bovins. L’évolution varie différemment selon le sérotype.

Chez les moutons, la maladie peut aller de discrète à très grave. Chez les bovins et les chèvres, elle reste la plupart du temps subclinique.

Chez les moutons, le virus infectieux est décelable jusqu’à un mois après l’infection, chez les bovins, jusqu’à deux mois. On observe une forte fièvre, qui peut être accompagnée d’une inflammation des muqueuses. Des troubles vasculaires provoquent des saignements et la formation d’œdèmes. Une teinte bleuâtre (cyanose) peut apparaître au niveau du museau et de la langue. C’est de ce phénomène qu’est issu le nom de cette pathologie: maladie de la langue bleue ou bluetongue. Des œdèmes à la tête et aux extrémités sont caractéristiques. On observe fréquemment une salivation écumeuse, un écoulement nasal séreux à purulent et des troubles respiratoires. Selon le stade de gestation, des avortements et des naissances de veaux et d’agneaux « stupides » (malformation cérébrale) sont recensés, en particulier si l’infection est due à BTV-8.

En cas d’épizootie, un train complet de mesures de lutte contre la maladie s’impose, qui a également des répercussions économiques.

Contamination et propagation  

L’agent infectieux est un virus à ARN sans enveloppe de la famille des Reoviridae, du genre Orbivirus. Il se transmet par les cératopogonidés, des petits moustiques du genre Culicoïdes. Ces cératopogonidés sont présents en Europe centrale de juin à fin novembre.

Jusqu’ici, la transmission directe d’un animal à l’autre n’a été démontrée que pour le BTV-26 chez les chèvres. L’excrétion par le sperme est possible.

Une infection intra-utérine du fœtus par le BTV-8 a également été démontrée. Une transmission par des aiguilles souillées par du sang contaminé est aussi possible.

Le virus de la maladie de la langue bleue est présent sur tous les continents. En Europe, la maladie s’est propagée du sud de l’Europe vers le nord durant les années 2000. En Suisse, le BTV-8 a été à l’origine du premier cas de maladie de la langue bleue enregistré en octobre 2007. À fin 2011, 76 cas avaient été recensés, plusieurs dizaines de milliers dans toute l’Europe.

Entre 2008 et 2010, la Suisse a mené un vaste programme de vaccination. En 2008, la vaccination de tous les bovins, moutons et chèvres a été rendue obligatoire pendant trois mois. En 2009 et 2010, seuls les bovins et les moutons ont dû être vaccinés contre la maladie de la langue bleue. La vaccination des chèvres intervenait quant à elle sur une base volontaire. En 2011, la vaccination contre la maladie de la langue bleue a été rendue volontaire pour l’ensemble des animaux. Le type de virus BTV-8 sévit depuis plusieurs années déjà en France. De nouveaux cas sont apparus en Suisse en novembre 2017, les derniers remontant à 2012. Ils ont conduit les autorités à délimiter une zone bluetongue (zone BT) qui s’étend à tout le pays. Cela permet de préserver les déplacements d’animaux en Suisse sans restriction, si ces derniers proviennent d’exploitations qui ne sont pas infectées par le virus. L’exportation dans des pays exempts de cas de maladie de la langue bleue n’est toutefois possible que sous certaines conditions. Celles-ci s’appliquent non seulement aux échanges internationaux d’animaux mais aussi à l’exportation de semences, d’ovules et d’embryons. En appliquant ces conditions, la Suisse remplit également les exigences de l’UE.

La banque de données sur la situation épizootique en Suisse donne une vue d’ensemble de la situation de la maladie dans le pays. La carte des zones réglementées en Europe se trouve sous « Informations complémentaires ».

Que faire ?  

  • En cas de suspicion d’épizootie ou d’épizootie avérée, le vétérinaire cantonal ordonne des mesures globales conformément à l’ordonnance sur les épizooties (voir « Informations complémentaires »).
  • Dans les cas les plus légers, une guérison spontanée est possible, notamment chez les bovins.
  • Il est recommandé de ne pas exposer les animaux malades à la lumière directe du soleil, qui peut aggraver les symptômes. 
  • Les mesures de prévention peuvent inclure une lutte planifiée contre les insectes, la stabulation des cheptels vulnérables durant la nuit et des campagnes de vaccination (immunisation active) dans les régions contaminées ou présentant une suspicion d’épizootie. 
  • Pour réduire les infestations par les cératopogonidés, il est possible d’utiliser des pyréthroïdes.

Depuis 2012, on ne vaccine plus contre la maladie de la langue bleue. Les détenteurs d’animaux qui le désirent peuvent toutefois continuer de faire vacciner leurs animaux en s’adressant au vétérinaire de l’exploitation ; une telle mesure est p. ex. recommandée pour les animaux destinés à l’exportation.

La maladie de la langue bleue est une épizootie à combattre ; elle est donc soumise à déclaration obligatoire. Toute personne qui détient des animaux ou qui s’en occupe est tenue d’annoncer les cas suspects au vétérinaire de l’exploitation. Une attention toute particulière doit être portée aux animaux importés de ou revenant d’estivages dans des régions à l’étranger présentant des cas avérés de BT.

Informations complémentaires

Dernière modification 06.12.2018

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