Un tatouage ou un piercing sur la langue sont des pratiques en vogue en Suisse. Il faut toutefois avoir conscience du fait qu’elles ne sont pas anodines et peuvent comporter des risques.

Nouveau règlement européen sur les couleurs de tatouage
04.01.2022: En Suisse, les couleurs de tatouage et de maquillage permanent sont soumises à des exigences légales fixées depuis plusieurs années déjà dans l’ordonnance sur les objets destinés à entrer en contact avec le corps humain. Celles-ci se basent sur une résolution du Conseil de l'Europe et réglementent l'utilisation de substances dans de telles couleurs. Les substances particulièrement préoccupantes, comme celles dont les propriétés cancérigènes sont avérées, sont ainsi d'ores et déjà interdites. Au moyen du règlement (UE) 2020/2081, l’UE a introduit une nouvelle réglementation dans le droit sur les produits chimiques. La Suisse examine actuellement cette réglementation et procède aux modifications nécessaires de l’ordonnance dans le cadre de la procédure de révision en cours. Cette révision devrait entrer en vigueur début 2024. Des délais transitoires appropriés sont prévus.
Tatouages: une marque à vie
Le tatouage consiste à injecter des pigments colorés dans le derme de la peau. Cette intervention entraîne une plaie superficielle pouvant s’infecter. Dans le pire des cas, il y a un risque de transmission de maladies infectieuses comme l’hépatite ou le sida. Les pigments peuvent en outre déclencher des allergies.
Les personnes qui se font tatouer doivent également garder à l’esprit qu’elles porteront cette marque à vie: même si le tatouage est enlevé par la suite, les pigments ne peuvent pas tous être éliminés et il reste souvent des traces. De plus, un détatouage est coûteux et douloureux.
Piercings: de solides arguments contre
Se faire percer le nombril, le nez, les lèvres ou la langue pour y placer un bijou corporel comporte un risque de complications. La perforation de la langue est particulièrement délicate: l’intervention elle-même peut entraîner de graves complications. Elle peut également nuire aux dents. En effet, le contact permanent avec le piercing peut endommager l’émail. De plus, le cobalt ou le nickel contenu dans les éléments du piercing provoque souvent des allergies. En général, les personnes qui souffrent d’une allergie de contact au nickel restent sensibilisées toute leur vie, même après une longue période sans contact avec ce métal.
Il ne faut jamais se rendre dans un salon de tatouage ou de piercing sur un coup de tête. Si, après mûre réflexion, vous optez pour un tatouage ou un piercing, il convient de tenir compte des conseils suivants :
- Consulter un dermatologue avant l’intervention pour vérifier s’il y a un risque accru d’allergie.
- Se renseigner auprès de ses connaissances sur le salon de tatouage ou de piercing envisagé. Leur expérience peut faciliter le choix.
- Les personnes qui pratiquent le tatouage sont soumises au devoir de diligence et doivent respecter les prescriptions en matière d’hygiène et de travail. Il est recommandé d’observer attentivement le salon pour s’assurer que le lieu et le personnel sont soignés et font bonne impression.
- Avant l’intervention, s’assurer que les règles d’hygiène sont respectées (désinfection de la peau et des instruments).
- Un studio sérieux fournit des informations sur les soins à réaliser après l’intervention.
- Un tatouage doit toujours être enlevé par un dermatologue. N’utilisez en aucun cas des acides ou des substances similaires!
- Le risque de complications est plus élevé dans le cas d’un piercing sur la langue qu’à d’autres endroits du corps.
- Veiller à ce que les éléments du piercing soient de bonne qualité.
- Il est possible d’acheter en pharmacie un test rapide permettant de détecter une éventuelle libération de nickel par le piercing.
- Éviter de se faire poser un piercing dans l’arrière-salle d’une discothèque ou à la chaîne lors d’un festival.
- Ne jamais échanger des bijoux déjà portés avec d’autres personnes.
- En cas de problème de santé après l’intervention, consulter un médecin sans tarder. Les cicatrices hypertrophiées doivent être enlevées chirurgicalement.
Les couleurs de tatouage, de maquillage permanent ainsi que les piercings ne sont pas soumis à autorisation. Certains critères de sécurité sont réglementés dans l’ordonnance sur les objets destinés à entrer en contact avec le corps humain.
Il n’existe à l’heure actuelle aucune liste positive des pigments inoffensifs. Mais une chose est sûre: les produits ne doivent pas être dangereux pour la santé. La sécurité des produits relève de la responsabilité du fabricant. La législation actuelle se limite à interdire certaines substances, qui ne doivent pas être présentes dans ces produits (art. 5 à 7 de l’ordonnance sur les objets destinés à entrer en contact avec le corps humain). Il incombe au fabricant de couleurs de respecter ces dispositions légales et au tatoueur de veiller à ne pas utiliser de produits nocifs pour la santé.
À l’heure actuelle, la formation des personnes qui pratiquent le tatouage et le piercing n’est ni réglementée ni reconnue. Depuis le 1er mai 2017, les établissement qui offrent un service de tatouage ou de maquillage permanent doivent l’annoncer aux autorités cantonales d’exécution compétentes (délai transitoire d’une année).
Les personnes qui aiment les tatouages orientaux au henné (mehndi) doivent prendre le temps nécessaire et opter pour la variante «authentique». Un vrai tatouage au henné, dont la couleur est claire, rouge orangé, nécessite plusieurs heures de travail. Les pseudo-tatouages noirs proposés dans les rues ou à l’occasion de festivals ou de manifestations contiennent souvent de la paraphénylènediamine (PPD). Cette substance, qui permet d’obtenir la couleur désirée, accélère la coloration de la peau. Ce type de tatouage peut provoquer un eczéma de contact. Parfois, les réactions allergiques n’apparaissent que plusieurs jours après l’application de la couleur.
Tous les tatoueurs proposant des ornements de la peau doivent veiller à ce que les couleurs employées soient conformes aux prescriptions légales et qu’elles ne mettent pas en danger la santé des consommateurs. S’ils exercent leur art sur une plage ou un marché, il est toutefois très difficile pour les autorités de surveillance de contrôler les couleurs. En cas de doute sur la présence de PPD dans la couleur proposée, le mieux est de renoncer au bijou corporel en question.
Si une réaction cutanée survient après un tatouage temporaire, il convient de consulter un dermatologue.
Informations complémentaires
En détail
Directive 2018/2 (PDF, 254 kB, 16.04.2018)Piercing, tatouage, maquillage permanent et pratiques apparentées – tâches des autorités d’exécution dans ce domaine
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Dernière modification 11.08.2023