Projets de recherche sur la sécurité des objets usuels
L’OSAV mandate des projets de recherche appliquée sur les objets usuels. Ces travaux lui permettent d’obtenir les données scientifiques nécessaires à identifier des risques pour la santé, élaborer des mesures et remplir efficacement son mandat légal.
Lutte contre les légionelles dans les bâtiments
Les légionelles sont des bactéries naturellement présentes dans l’eau. Lorsqu’elles colonisent les conduites, elles peuvent provoquer la légionellose, qui se manifeste par une pneumonie sévère, ou la fièvre de Pontiac, une forme plus bénigne.
Face à l’augmentation marquée du nombre de cas, l’OSAV a mandaté une équipe de recherche pluridisciplinaire afin d’établir les bases scientifiques nécessaires à la détection efficace des légionelles dans les installations sanitaires des bâtiments et à leur élimination ciblée.
En 2019, l’OSAV a lancé, en collaboration avec l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) et l’Office fédéral de l’énergie (OFEN), le projet de recherche pluridisciplinaire LeCo (Legionella control in buildings, soit « Lutte contre les légionelles dans les bâtiments »). Entre 2020 et 2025, des spécialistes ont mené des recherches qui se déclinaient en huit volets. Le but était d’identifier les facteurs favorisant la propagation des légionelles dans les conduites d’eau et les installations sanitaires des bâtiments. Sur la base des résultats obtenus, ces spécialistes ont proposé des mesures préventives.
À terme, il s’agit de réduire durablement le nombre de cas de légionellose en Suisse.

La lutte contre les légionelles dans les installations sanitaires des bâtiments est un défi multidisciplinaire qui a été examiné dans le cadre de huit paquets de travail (Work Pachage): WP1: Analyse des risques, WP2: Méthodes d’échantillonnage, WP3: Procédures de détection, WP4: Épidémiologie, WP5: Rôle de la températur, WP6: Économies d’énergie, WP7: Écologie des légionelles, WP8: Désinfection — © EAWAG Des niveaux de risque variables
Différentes espèces de légionelles sont présentes dans l’eau potable, et toutes ne présentent pas le même risque pour la santé. La légionellose est ainsi principalement causée par L. pneumophila. Pour mieux prendre en compte ces différences, il convient de préciser les directives relatives à la gestion des légionelles dans les bâtiments accessibles au public, notamment en ce qui concerne les espèces à surveiller, les valeurs limites admissibles et la présence de personnes à risque.
Un risque d’infection accru lors de la douche, en particulier avec de l’eau chaude
Lorsque l’eau de douche est contaminée par L. pneumophila, le risque d’infection est élevé. L’eau chaude accentue ce risque, car elle génère davantage de fines gouttelettes, appelées aérosols. Il est donc essentiel de sensibiliser la population aux mesures de réduction des risques et d’exploiter plus systématiquement les moyens existants pour limiter l’exposition, en particulier dans les lieux accueillant des personnes à risque.
Autres sources d’infection importantes en dehors des bâtiments
Il est très difficile de déterminer l’origine des infections à partir des échantillons prélevés chez les malades et dans l’environnement. Si les douches peuvent constituer une source de contamination, les données recueillies indiquent qu’elles jouent un rôle secondaire dans les infections en Suisse. Il est donc nécessaire d’élaborer des directives complémentaires pour l’identification des sources de contamination et de mieux coordonner les procédures afin d’utiliser les ressources de manière plus efficace.
Importance de la conception et de l’exploitation des systèmes de production d’eau chaude
De nombreux problèmes résultent du non-respect des règles en vigueur. Lorsqu’il s’agit d’optimiser la température de l’eau dans les bâtiments, la marge de manœuvre entre économies d’énergie et hygiène reste limitée. Des améliorations sont possibles au niveau de la conception et de l’exploitation des systèmes de production d’eau chaude et des points de distribution. Il convient par ailleurs de maintenir une température de l’eau d’au moins 55 °C dans les conduites et de renforcer la formation continue et la sensibilisation de l’ensemble des parties prenantes.
La Confédération a pris position sur les recommandations formulées dans le cadre du projet de recherche et en a tiré une série de mesures :
Quatre institutions suisses de recherche ont formé un consortium pour mener à bien le projet LeCo :
Eawag – L’institut fédéral suisse des sciences et technologies de l’eau
Institut tropical et de santé publique suisse
Technique du bâtiment et énergie (Haute école spécialisée de Lucerne)
Publications
Liens
Les principaux résultats du projet sont disponibles sous forme de présentations sur la page suivante :
OFSP: Légionellose (maladie du légionnaire)
Eawag : Projet LeCo – lutter contre les légionelles dans les bâtiments
ARAMIS : Maîtrise des légionnelles dans les bâtiments
Législation
Des emballages alimentaires sûrs
Certaines substances chimiques peuvent migrer des emballages vers les aliments. Il s’agit souvent de mélanges complexes dont les effets sur la santé restent encore largement méconnus. Les projets de recherche soutenus par l’OSAV contribuent de manière significative à combler ces lacunes et à mieux évaluer les risques.
Vidéo : Comment les emballages alimentaires peuvent-ils être dangereux ?
L’OSAV soutient le projet de recherche ToxOligo, qui vise à étudier les propriétés toxicologiques des oligomères. Un oligomère est une molécule composée de plusieurs unités de structure identique ou similaire. Sous-produits indésirables de la fabrication de matières plastiques, les oligomères peuvent être présents dans les plastiques, les colles et les revêtements d’emballages, et ainsi passer dans les aliments qui y sont emballés.
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Oligomères de PET cycliques et linéaires (c = cyclique, l = linéaire, TPA = acide téréphtalique, MEG = monoéthylèneglycol, DEG = diéthylèneglycol) — © OSAV Dans le cadre du projet de recherche TOXSISTEM, des scientifiques ont mis au point une méthode permettant de déterminer si les mélanges complexes de substances chimiques présents dans les emballages peuvent avoir des effets nocifs sur le génome humain ou sur l’équilibre hormonal. Cette approche permet également d’identifier de manière ciblée les substances responsables de ces effets.
Le projet ToxOligo révèle que les connaissances sur la toxicité des oligomères et des mélanges chimiques des emballages alimentaires restent très limitées. De nouvelles approches méthodologiques permettent désormais une évaluation plus systématique des activités biologiques et des risques pour la santé. Les études menées jusqu’à présent n’ont pas mis en évidence d’effets nocifs.
Dans le projet TOXSISTEM, la méthode d’identification des substances toxiques dans les emballages alimentaires repose sur trois phases :
- Phase 1 : les différentes substances constituant le mélange sont isolées au moyen d’une chromatographie sur couche mince à haute performance.
- Phase 2 : des tests microbiens sont utilisés pour détecter des effets tels que la génotoxicité ou l’activité hormonale.
- Phase 3 : les substances responsables des effets détectés sont identifiées par spectrométrie de masse à haute résolution.
L’application directe des biotests (phase 2) sur la plaque de chromatographie sur couche mince (phase 1) permet un enrichissement ciblé des substances bioactives. Les bandes correspondantes sont ensuite isolées et analysées afin d’identifier clairement les substances responsables (phase 3).
Il s’agit désormais d’affiner et de valider les pratiques et méthodes développées. L’objectif est de les déployer à large échelle et de les utiliser notamment pour les contrôles de conformité des matériaux en contact avec les aliments et dans les laboratoires de contrôle et d’analyse.
L’équipe de recherche était composée des trois entités suivantes :
- Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires
- Université de Bâle
- Centre suisse d’écotoxicologie appliquée (centre Ecotox)