Détenir des lapins n’est pas simple et les exigences (détention, soins, alimentation et occupation) sont très élevées. Voici comment aménager leur environnement de manière à respecter leurs besoins, à promouvoir les contacts sociaux et à protéger leur santé.
Les lapins comme animaux de compagnie
En raison de leur apparence, les lapins plaisent particulièrement aux enfants. Mais leur détention, la manière de les traiter et leur alimentation représentent un réel défi. Très sujets au stress, les lapins n’aiment pas les câlins : le fait de les porter ou de les tenir peut les effrayer : ils peuvent se tétaniser ou peuvent griffer ou mordre.
Si les lapins vivent en groupe dans un enclos agencé de manière à répondre à leurs besoins, parents et enfants peuvent observer avec plaisir leur comportement naturel sans avoir à les sortir de l’enclos.
La détention de lapins de race est une activité de loisir consistant à élever des races spécifiques et à présenter les animaux à des expositions. L’espérance de vie dépend notamment de la race. Les lapins nains peuvent vivre jusqu’à 14 ans s’ils sont bien soignés.
Détention
Gérer l’environnement, les soins et les contacts sociaux des lapins n’est pas chose aisée. Voici comment répondre à leurs besoins dans les lapinières, dans les enclos en plein air et au quotidien.
Exigences applicables aux enclos
Les exigences légales minimales applicables aux enclos pour lapins constituent un strict minimum.
Les enclos doivent être suffisamment spacieux pour que les lapins puissent bondir, courir, voire se dresser sur leurs pattes arrière. La surface minimale prescrite doit être couverte d’une litière appropriée, comme de la paille ou de l’écorce. Les gamelles doivent être posées sur des revêtements faciles à nettoyer.
Dans la nature, les lapins vivent dans des terriers souterrains. C’est pourquoi ils ont besoin de lieux sombres où ils peuvent se retirer : espaces sous les surfaces surélevées, abris en bois, troncs d’arbres ou tuyaux en béton. Ces espaces permettent aux lapins de se protéger, de se reposer ou d’éviter leurs congénères. Ils devraient comporter plusieurs entrées et sorties si les animaux sont détenus en groupe, afin que les lapins ne se retrouvent pas coincés en cas de conflit.
Les lapins apprécient les postes d’observation, comme une planche sur une caisse. Une caisse remplie de terre et de sable à creuser et des périodes pendant lesquelles ils peuvent se déplacer librement dans l’habitation ou dans un enclos extérieur contribuent également à la qualité de vie des lapins. Il faut alors éviter toute source de danger, telle que des câbles ou des plantes toxiques. De nombreux lapins utilisent un bac rempli de litière pour faire leurs besoins.
Le sol doit toujours rester sec et propre, car l’humidité provoque souvent des maladies des pattes. Une litière produisant peu de poussière évite les problèmes oculaires. Les vapeurs d’ammoniac irritent les muqueuses nasales sensibles des lapins. C’est pourquoi il faut nettoyer régulièrement les enclos.
Détention en plein air
Les lapins en bonne santé peuvent vivre toute l’année dans un enclos extérieur bien aménagé. Ils peuvent en effet y exprimer de nombreux comportements naturels, comme creuser ou observer les changements de l’environnement.
L’enclos doit protéger les animaux de la chaleur, du froid, de l’humidité et des courants d’air, mais aussi des prédateurs, tels que martres, renards, rapaces ou chats. Il doit comporter des lapinières sèches et propres, recouvertes de litière et respectant les dimensions minimales, plusieurs abris et un grillage fixe et enterré qui évite que les lapins ne puissent s’en échapper.
Si les griffes des lapins deviennent trop longues, il faut les couper dans les règles de l’art. Leurs dents poussent tout au long de leur vie et doivent être usées grâce à la mastication, faute de quoi des modifications douloureuses apparaissent, qui peuvent pousser les lapins à refuser de manger.
Les lapins peuvent attraper des maladies telles que l’encéphalitozoonose (E. cuniculi) ou la maladie hémorragique virale (RHD). Il est donc recommandé de mettre les nouveaux arrivants en quarantaine. Il existe des vaccins contre la RHD, la RHD2 et la myxomatose.
Les femelles ont une ovulation induite : elle a lieu lors de la saillie ou lors de stimuli similaires, comme une pression sur le dos, par exemple lors de caresses. Cela peut provoquer des grossesses nerveuses et, à long terme, des modifications de l’utérus.
Les lapins ont besoin de beaucoup de place pour bondir, courir, faire des zigzags et se dresser sur leurs pattes arrière. Les lapinières sur plusieurs niveaux apportent de la variété et offrent aux lapins des possibilités de mouvement supplémentaires. Les différents étages doivent être faciles d’accès et aisés à nettoyer, et ne pas être glissants. Même dans les enclos de plain-pied, les animaux aiment les places surélevées et les cachettes, comme des racines ou des maisonnettes.
En plus d’un espace suffisant pour bouger, les lapins ont besoin de s’occuper, sinon ils peuvent développer des troubles du comportement car ils s’ennuient, finissant par exemple par ronger les barreaux de leur cage : liberté de mouvement, possibilités de creuser et de ronger et réaménagements occasionnels de l’enclos sont particulièrement bienvenus. Le bois tendre et des branches fraîchement coupées et non traitées de noyers et d’arbres fruitiers sont idéaux à ronger. De la litière et des bacs à sable permettent aux lapins de gratter et de creuser en surface. Dans les enclos extérieurs, les lapins peuvent véritablement creuser. Il faut alors contrôler qu’ils ne s’enfuient pas en creusant sous la clôture. Des surfaces surélevées, des maisonnettes et des tunnels constituent des occupations supplémentaires.
Détention en groupe
Les lapins sont des animaux sociaux et devraient si possible vivre en groupe. La cohabitation d’un mâle castré avec une ou deux femelles a fait ses preuves, et les animaux doivent avoir assez d’espace pour pouvoir s’éviter. Si les lapins ne peuvent pas être détenus dans le même enclos, ils devraient au moins pouvoir sentir et entendre leurs congénères, et idéalement les voir.
Il est plus facile de former des groupes de jeunes animaux. En effet, la cohabitation avec des lapins plus âgés peut être délicate en raison de violentes luttes de hiérarchie. Ce sont en particulier les lapines qui sont territoriales. Regrouper les animaux sur un terrain neutre facilite les choses.
Il faut surveiller le groupe régulièrement : tous les animaux ne s’entendent pas bien et il arrive qu’ils se mordent ou se blessent. Des abris avec plusieurs entrées et sorties, des panneaux et différentes mangeoires aident les animaux de rang inférieur à éviter les autres.
Maturité sexuelle
Les lapins peuvent atteindre leur maturité sexuelle dès l’âge de 3 mois. Pour éviter une reproduction incontrôlée, il est donc nécessaire de castrer les lapereaux à temps. La castration limite aussi les combats entre mâles. Elle doit être pratiquée uniquement sous anesthésie et par un vétérinaire.
Une alimentation de base composée de grandes quantités de foin frais assure la digestion et l’usure des molaires.
De la salade fraîche, des graminées, des herbes et des légumes tels que le concombre et la carotte viennent compléter le menu. Les aliments riches en amidon ne devraient être donnés qu’occasionnellement à titre de friandises, afin de prévenir les problèmes de digestion et le surpoids. Il faudrait également limiter les produits riches en calcium et en acide oxalique (qu'on trouve dans la plupart des graminées) pour éviter les calculs urinaires.
Les lapins qui vivent à l’extérieur par temps froid et les femelles qui allaitent leurs petits ont aussi besoin de mélanges de graines. Ils doivent disposer en permanence d’eau potable fraîche.
Les lapins ont un système digestif délicat et sont sensibles aux erreurs d’alimentation. Ils doivent pouvoir se nourrir à tout moment. Les priver de nourriture – même avant une anesthésie – peut leur être fatal.
Le lapin comme animal de rente
Dans l’agriculture, les lapins servent à la production de viande. L’engraissement de lapins est considéré comme un secteur de niche offrant des revenus complémentaires réguliers.
Les exigences applicables à la détention sont les mêmes, qu’il s’agisse de lapins domestiques ou de lapins d’élevage ou d’engraissement. Il existe plusieurs programmes concernant la détention de lapins comme animaux de rente : IP-Suisse, programmes de bien-être des animaux SST/SRPA, Bio Suisse et KAGfreiland. Les lapins d’élevage sont souvent détenus dans des clapiers qu’il est possible d’acheter ou de confectionner soi-même. Les animaux destinés à l’engraissement vivent généralement en groupes d’environ 8 à 30 individus.
La détention en groupes est de plus en plus répandue, car elle se rapproche davantage du mode de vie naturel des lapins. Mais il s’agit là d’un réel défi : ce mode de détention exige des connaissances spécialisées approfondies, une méthode de travail précise et un bon sens de l’observation. L’activité sexuelle entraîne souvent des signes d’agressivité. Les femelles sont particulièrement territoriales quand elles construisent leur nid ou qu’il s’agit de le défendre. C’est pourquoi la détention en groupes de lapins d’élevage requiert une gestion bien réfléchie, des enclos bien conçus ainsi qu’un nettoyage et une désinfection minutieux.
Dans de nombreuses situations (élevage, expositions, remise, mise à mort), un soin particulier est de mise. Traiter les animaux avec respect assure leur bien-être et leur évite des contraintes.
Élevage responsable
L’élevage des lapins a généralement des objectifs précis, par ex. des aspects esthétiques ou une qualité de viande particuliers. Ainsi, il est interdit de poursuivre des buts d’élevage qui entraînent des douleurs, des maux ou des dommages aux animaux ou qui portent profondément atteinte à leur aspect physique ou leurs aptitudes.
Les lapins présentant des caractéristiques de contraintes dues à la sélection ne doivent pas participer à des expositions.
Pour qu’elles puissent élever leurs petits en toute tranquillité, les lapines doivent disposer de compartiments pour faire leur nid. Elles doivent pouvoir rembourrer elles-mêmes ce nid d’une matière appropriée ainsi que de poils qu’elles s’arrachent du poitrail. Le nid doit être bien aéré et évacuer ainsi l’humidité.
Les lapines qui allaitent doivent pouvoir s’éloigner des lapereaux en gagnant par ex. un autre compartiment ou une surface surélevée.
Les lapereaux âgés de moins de 8 semaines ne doivent jamais être détenus seuls. Ce n’est possible que si les animaux présentent des signes d’agressivité une fois arrivés à leur maturité sexuelle, vers l’âge de 12 semaines.
Remise de lapins à des tiers
Les personnes qui remettent à des tiers plus de 100 lapins dans l’intervalle d’une année doivent être titulaires d’une autorisation cantonale et avoir suivi une formation correspondante. Celles qui vendent des lapins à titre professionnel doivent en plus informer les acheteurs par écrit des besoins des animaux et de la manière de les détenir conformément à leurs besoins.
Exigences applicables aux expositions
Seuls les animaux sains peuvent participer à des manifestations. Autrement dit, les animaux doivent être en bonne santé et ne pas subir de contrainte liée à la sélection, c’est-à-dire que leur bien-être n’est pas réduit par des caractéristiques spécifiques à la race ou au type d’élevage.
Les participants et les organisateurs sont tenus de veiller à ce que les animaux soient toujours traités avec ménagement. La fiche thématique ci-dessous décrit les devoirs des personnes impliquées, les exigences relatives aux enclos d’exposition et l’interdiction d’exposer des lapins qui présentent des caractéristiques de contraintes dues à la sélection.
Pour les bourses et marchés, voir en plus la fiche thématique 12.2.
Enclos accessibles au public
Lors de manifestations, il est interdit d’installer et d’exploiter des enclos accessibles au public avec des lapins. Cette interdiction ne concerne pas les enclos permanents, par ex. dans les zoos, les exploitations agricoles ou les maisons de retraite.
Les lapins ne peuvent être mis à mort que par des personnes compétentes qui ont pu acquérir sous la direction et la surveillance d’un spécialiste les connaissances et l’expérience pratique nécessaires et qui ont l’habitude de mettre à mort des lapins.
Parfois, la mise à mort des animaux malades, blessés ou manquant de vitalité est la meilleure méthode pour abréger leurs souffrances. Elle doit se faire avec ménagement et sans délai. La méthode choisie doit entraîner la mort à coup sûr et le processus doit être surveillé jusqu’à son terme. Il faut vérifier que l’animal est bien mort avant d’éliminer son cadavre.
Des dispositions supplémentaires s’appliquent à l’abattage des lapins d’engraissement. Ils doivent en effet être étourdis avant d’être abattus. L’étourdissement ou l’abattage d’un coup sur la tête ou sur la nuque est interdit.
Des connaissances techniques spécifiques sont obligatoires pour certaines formes de détention. Elles garantissent que les détenteurs prennent en charge leurs animaux comme il se doit et respectent les exigences légales.
Toute personne qui produit plus de 500 lapereaux par an dans une exploitation comptant au maximum 10 unités de gros bétail doit être titulaire d’une attestation de compétences correspondante. Les agriculteurs sont dispensés de cette attestation de compétences. Au-delà de 10 unités de gros bétail, une formation agricole est requise.
Les cours pour l’obtention de l’attestation de compétences ne peuvent être donnés que par des organisations reconnues par l’OSAV.